Mar 13
21
JMFB : Quelle alternative fondamentale offrez-vous à une gauche, emmené par Michel Bachelard, déjà en place sur Quetigny ?
P.Abecassis : Nous sommes une liste alternative déjà à la politique gouvernementale et cela se décline sur le plan local. Bien qu’il n’insiste pas sur cela, le maire actuel est du P.S et a dans sa liste une député du P.S qui vote les lois du P.S à l’assemble nationale. Il assume donc la politique d’austérité menée par le gouvernement pour laquelle nous les gens de gauche n’avons pas voté. D’ailleurs beaucoup de gens ont davantage voté contre Sarkozy que pour Hollande. Il faut absolument proposer une alternative de gauche avant que ne s’impose une alternative de droite voire d’extrême droite. Nous proposons à Quetigny la défense et l’extension des services publics, la gratuité d’un certain nombres de services, une démocratie plus directe avec la possibilité de référendums d’initiative locale, la défense des terres agricoles contre l’envahissement du béton et du goudron, et la rénovation du parc HLM ainsi que des modes de distribution en circuit court…
JMFB : Que dites vous à une partie des citoyens qui questionne le devenir de la société et de la famille et souhaite qu’on les entende sur « le mariage pour tous » et un prétendu enseignement de la théorie du genre ?
P.Abecassis : Nous disons déjà que le mariage est l’accès à un droit et que ce droit doit être ouvert à tous quel que soient le genre ou le sexe, pour les homosexuels ou pas. Je ne suis pas spécialiste mais pour moi la théorie du genre est plutôt pertinente dans ce sens où le genre est davantage lié à mon sens à l’éducation et à la construction sociale plutôt qu’a l’identité sexuelle chromosomique.
JMFB : Les musulmans se sentent stigmatisés autant pas la gauche que par la droite. Des associations sérieuses font état d’une augmentation fulgurante des actes islamophobes (Amnesty, Collectif Contre l’Islamophobie en France..). Que dites-vous aux concitoyens musulmans ?
P.Abecassis : C’est une question que nous n’avons pas évoqué au niveau de la liste. Je parlerai plus de racisme que d’islamophobie. Mais je m’oppose à toutes discriminations parce qu’un citoyen est musulman. D’ailleurs nous sommes nombreux à trouver inadmissible, par exemple, que certains refusent à des mamans voilées d’accompagner les sorties scolaires. Nous nous opposons à l’islamophobie même si j’ai mes propres opinions sur les motivations profondes du port du voile, de la kippa ou de la croix dans l’espace public
Propos recueillis par Abdellah HAIFI
La réunion s’est déroulée en petit comité aux allées cavalières. M. Bachelard, maire sortant qui se présente aux élections municipales, a rencontré des habitants du quartier.
Dans un premier temps, M. BACHELARD a rappelé l’histoire de Quetigny. A la fin des années 50, Quetigny comptait 350 habitants. Au début des années 60, le village voit la construction de l’Université.
Le village, à l’écart des voies de communication de l’époque, tarde à se développer par rapport à ses voisins.
Roger Raymond, maire de Quetigny de l’époque, décide alors dans le « schéma directeur » de faire passer Quetigny du statut de village au statut de ville de 10 000 habitants avec le slogan « un logement, un arbre, un emploi ».
La ville accueille donc une zone d’activité mais reste aérée et verte, se développant selon la règle : 1/3 locatif, 1/3 pavillonnaire et 1/3 en accession en copropriété. La priorité restant de bien se loger, la Ville décide d’offrir les mêmes bénéfices à tout le monde en gardant la maîtrise foncière, ainsi les espaces verts appartiennent à la Ville et profitent à tous.
Le premier développement de Quetigny se fait avec le locatif (rue Pré Bourgeot, rue ronde, rue des huches) au centre de la ville afin que les gens les moins à l’aise puissent être au cœur de la ville et des services. Vient ensuite le lycée agricole, puis la première activité avec le laboratoire Delalande (sur le site actuel de Sanofi).
L’histoire du Grand Quetigny commence en 1968 par la création du premier hypermarché de la région dijonnaise avec l’enseigne Carrefour. Par la suite, la zone a connu l’expansion que l’on connait.
M. BACHELARD a présenté son programme qui repose sur 4 priorités et 3 projets :
Question sur le vote de dimanche prochain et le risque d’abstention surtout chez les jeunes qui se détournent de la politique en ces moments difficiles et sur les actions entreprises par La ville.
M. BACHELARD explique qu’il y a eu un grand effort de communication via le site de la mairie, les panneaux électroniques, les réunions publiques et réunions en petits comités.
Par ailleurs, les jeunes de 18 ans ont reçu leur carte d’électeur automatiquement.
Par Hassan El Idrissi
Mar 13
21
JMFB : Vous vous présentez sous la couleur politique de la gauche. Pourquoi pensez-vous qu’il faut, aujourd’hui, à Chenôve une alternative politique à J.Esmonin ?
Je suis content que vous me posiez cette question comme ça car oui mes valeurs restent toujours identique : de gauche. Ce n’est pas parce que j’ai été exclu du P.S que je ne reste pas fondamentalement un homme de gauche. Et c’est ce qui me différencie de J.Esmonin, car je pense que d’années en années il a quitté ses valeurs de proximité, de fraternité. Et c’est dont se plaignent les habitants de tous les quartiers de Chenôve lorsque je m’y promène : les Grands crus, le Mail, le Vieux-Chenôve, le Clos du Roy… et qui disent ne plus voir le Maire. Un Maire dans sa tour d’ivoire qui a abandonné le terrain et surtout le quartier du Grand Ensemble. Et puis sans proximité on fait des choses insensées comme le centre culturel qui va nous coûter 16 millions en investissements sans parler du fonctionnement. Que proposera t-on dans une salle de 700 places sinon des concerts classiques ? Donc je crois que c’est un centre construit à la gloire de J.Esmonin et pas à la gloire de la population de Chenôve car la plupart n’en seront pas les premiers bénéficiaires et d’ailleurs tout le monde me dit que c’est n’importe quoi et qu’ils n’y iront pas. Et cette question du centre culturel a été le déclencheur qui m’a décidé à monter cette liste citoyenne.
Aussi, au niveau de l’emploi il ya des choses concrètes à faire, mettre en place des clauses d’insertion avec les entreprises pour embaucher sur les grands chantiers de la ville et en priorité des jeunes de nos quartiers car pas un n’y a été embauché depuis !
JMFB : N’avez-vous pas peur d’une dispersion des voix qui servira la droite ou l’extrême-droite ?
Ce dont j’ai peur ce n’est pas de la droite ou de Mr Jacob, qui est un homme respectable, mais de l’extrême-droite qui sur le grand ensemble atteint de sérieuses proportions.
Et je vais vous dire c’est à J.Esmonin de se retirer, c’est lui qui porte la responsabilité de cette situation et rupture car j’ai souhaité négocier, il n’a pas voulu. J’ai discuté, fais des propositions, ils ont refusé et maintenant il le regrette et sont sérieusement inquiets. Ils vont être derrière moi.
JMFB : Que dire aux concitoyens musulmans, et parmi eux une partie des chenevelliers, qui vivent l’islamophobie et se sentent stigmatisés et menacés par les discours et décisions politiques de droite comme de gauche ?
Vous savez lorsque l’on a retrouvé une tête de porc à la mosquée de Chenôve, j’ai tout de suite réagi pour exprimer mon indignation et ma solidarité et j’étais pourtant à 500 km et pas encore candidat ! Et il a fallu pourtant, dans cet épisode, du temps à J Esmonin pour réagir! En tout cas, j’ai parmi mes colistiers des citoyens de confession musulmane et ce ne sont pas des faire-valoir et j’en suis fier. Et puis vous savez, j’ai moi-même, scandaleusement, été stigmatisés à deux reprises sur le Bien-Public quand on a dit que j’étais le représentant de la communauté musulmane. Oui je suis fier de les représenter comme tous les citoyens de Chenôve toutes distinctions confondues : religions, origines, statut social… Et ce qui m’intéresse c’est de vivre ensemble pas d’opposer les uns aux autres au nom de n’importe quels concepts : laïcité ou autres.
Par A. HAIFI